Le Lundi de Pentecôte

Le Lundi de Pentecôte est-il un jour férié comme les autres ?

Nous entendons bien des histoires concernant ce jour. Est-il toujours férié ? Est-il un jour férié mais non chômé ? Est-il le jour où nous travaillons sans être rémunérés ? Beaucoup de managers et d’employés se posent ce genre de questions. Nous répondons à tout !

post-it-vert La Pentecôte, une fête chrétienne qui varie tous les ans.

La Pentecôte est une fête chrétienne qui célèbre la venue du Saint-Esprit sur les apôtres et Marie, le 7ème dimanche après le dimanche de Pâques soit 50 jours après Pâques. Il s’agit donc d’une date mobile, mais elle tombe toujours un dimanche entre le 10 mai et le 13 juin. Lors de cet événement, les chrétiens prient pour que l’Esprit-Saint leur soit accordé. La Pentecôte commémore aussi le début de l’évangélisation, et donc la fondation de l’Église

Pentecôte, fête religieuse

post-it-rose Le premier jour où le lundi de Pentecôte est devenu férié

Le lundi de Pentecôte est devenu officiellement férié le 20 février 1886, suite au rapport de la Chambre de Commerce de Paris sur les inconvénients rencontrés le lundi de Pentecôte. En effet, ce lundi n’était pas travaillé dans de nombreux pays en Europe. Par conséquence, les bourses affectées à la négociation des effets publics étaient fermées dans les pays voisins. De plus, les caisses et les magasins français étaient pour la grande majorité fermés ce jour-là. La présentation des effets de commerce était alors impossible. Ne trouvant pas le débiteur, le porteur devait le remettre à l’huissier qui, lui-même, remettait une carte au domicile du débiteur qui finissait par refuser de payer. Cela causait beaucoup de soucis sur les transactions commerciales. La Chambre des députés a alors demandé que le lundi de Pâques et le lundi de la Pentecôte soient des jours fériés afin que l’article 162 du code de commerce s’applique. Habituellement, le refus de payement doit être constaté le lendemain du jour de l’échéance par un acte que l’on nomme protêt, faute de payement ; si ce jour est un jour férié, le protêt est fait le jour suivant. Il a été alors décidé d’inscrire le lundi de Pentecôte comme jour férié légal. 

Un jour férié est avant tout un jour de fête qui célèbre ou commémore un évènement, qu’il soit religieux ou non.

carte représentant la canicule de 2003

post-it-jaune Une canicule qui fait apparaitre une « journée de solidarité ».

En 2003, une forte canicule fait 15000 morts. A cette époque, Jean-Pierre Raffarin, premier ministre, souhaite faire un geste envers ces personnes décédées. Il décide d’instaurer une « journée de solidarité » où les salariés travaillent sans rémunération afin de financer des actions pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées. Le lundi de Pentecôte est alors choisi pour cette journée spéciale, un jour férié mais non chômé. Lors de cette « journée de solidarité », les entreprises reversent 0,3% de leur masse salariale brute à la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie et en contrepartie les salariés ne sont pas rémunérés.

En 2004, une loi permet aux entreprises de choisir un autre jour férié (sauf le 1ermai) ou un jour de RTT pour cette « journée de solidarité ».

post-it-bleu L’année où le lundi de Pentecôte redevient un jour férié comme les autres.

En 2008, la « journée de solidarité » est complètement déconnectée du lundi de Pentecôte qui redevient un jour férié et chômé comme les autres. Les entreprises peuvent cependant toujours choisir ce jour férié pour la « journée de solidarité ». D’ailleurs, il semblerait d’après une étude du groupe Randstad que 3 salariés sur 10 viennent sur leur lieu de travail le lundi de Pentecôte. Les établissements scolaires ainsi que les services administratifs, les bibliothèques, les pharmacies, les médecins généralistes ou la Poste devraient eux montrer porte close comme pour tous les jours fériés.

L’organisation de cette journée est fixée avec le comité d’entreprise et les délégués du personnel. Elle ne peut tomber un dimanche, ni le 1ermai qui est le seul jour férié forcément chômé. Si des salariés effectuent des heures supplémentaires lors de la « journée de solidarité », leur rémunération doit être majorée. Cet événement est aussi applicable aux travailleurs à temps partiel. Dans ce cas, la durée de cette journée est calculée proportionnellement à leur durée normale de travail.

Certaines entreprises ont aussi choisi d’allonger la journée de travail de leurs salariés un peu plus chaque jour. Ceci est possible tant qu’il y a 7 heures supplémentaires non payées réparties sur l’année. Ainsi, les employés de la SNCF travaillent 1 minute et 52 secondes de plus chaque jour. D’autres entreprises choisissent d’offrir cette « journée de solidarité » à leurs employés en s’acquittant eux même de la cotisation. Il est également possible de supprimer un jour de RTT.

Ce nouveau mode de financement apparait injuste de la part des syndicats qui se demandent pourquoi des personnes doivent venir travailler une journée sans être rémunérés pendant que certains travaillent moins de 2 minutes de plus chaque jour et qu’aussi les professions libérales ne sont pas assujetties à cette journée.

Cependant, en 2016 la Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie a estimé à 28 milliard d’euros les recettes perçues par cette journée de solidarité depuis sa création.

Depuis 2013, les retraités imposables participent également à cette “journée de solidarité”, en versant un prélèvement de 0,3% sur leur retraite, leur préretraite et leur pension d’invalidité. 

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